La décision d'aller à Lourdes pour ce 11 février avec Marie-Paule s'est jouée en un court instant devant la chapelle Ste Bernadette samedi avant la messe anticipée du dimanche de la santé. Marie-Paule évoque Lourdes et me vient aussitôt l'idée de l'y emmener et déjà une ébauche de programme s'établit en moi. Elle est surprise de la vivacité de ma proposition, consulte son agenda, et acquiesce dans un sourire : "et bien oui, d'accord". Je suis ravi parce que je sais que l'Esprit s'est manifesté, m'a inspiré à cet instant.
Je propose à Marie-Paule un programme par mail qu'elle accepte, suggérant que nous partions avant 7:00 pour la messe internationale de 10:00 à la basilique souterraine St Pie X.
Bien nous en a pris : alors que nous pénétrons dans l'immense édifice presque une heure avant la messe, toutes les places sont déjà prises ou réservées. Un banc près d'un pilier nous permettra de nous poser.
Avant 10:00, les délégations de pèlerins avec leurs bannières défilent autour de l'autel central, "un peu comme les délégations des athlètes aux JO" me glisse Marie-Paule avec humour. Le monde entier s'est rassemblé, les malades avec des béquilles, sur des fauteuils roulants sont nombreux. Ils viennent demander la miséricorde de Dieu, des grâces à Marie pour vivre leur maladie. Je m'inscris dans cette démarche.
Le silence est demandé... Le silence se fait... Le chœur accompagné de l'orgue et des trompettes initie le défilé des nombreux prêtres et évêques. C'est magnifique : tant de ferveur, tant de chrétiens rassemblés, tant d'encens, tant de musique harmonieuse... Même si nous sommes mal installés, la communion avec le peuple de Dieu ici rassemblé est entière.
L'Évangile est lu en plusieurs langues, signe de l'universalité du message de Marie qui attire à elle ici les fidèles pour les conduire à son fils le rédempteur.
C'est dans un restaurant tibétain que nous faisons notre pause méridienne, afin d'être en adéquation avec cette journée internationale du malade. Nous passons un moment de visite de l'église Notre Dame du rosaire et contemplons les magnifiques mosaïques.
Nous sommes ravis et profondément heureux d'être là tous les deux au cœur de la cité mariale. Nous parlons peu, nous laissant pénétrer par le message de miséricorde de Notre Dame.
Après avoir empli nos petites bouteilles d'eau de Lourdes pour les distribuer à nos proches, nous passons paisiblement à la grotte, touchant le rocher, intérieurs, recueillis, accueillant le monde en cet instant, le confiant à l'Immaculée Conception, nos parents, nos malades, notre paroisse, nos prêtres... La liste est longue... Marie nous prend tous, tels que nous sommes, pour intercéder auprès du Père afin de nous conduire auprès de Lui.
Nous terminons notre pèlerinage au chemin de croix et de la résurrection dont chaque station est sculptée dans un bloc de marbre de Carare. C'est le choc, l'émerveillement devant la force de l'expression des visages, la suggestion de notre rédemption par le Christ qui s'est donné entièrement pour nous, qui s'est vidé de sa substance par amour de notre humanité. Nous sommes tous les deux touchés, profondément, et reprenons la route pour Colomiers changés à jamais par cette expérience mariale.
L. Baudin - Photos : M-Paule Hartmann








