Depuis le début de la guerre au Soudan en avril 2023, les membres de la société civile, en particulier les avocats et les défenseurs des droits humains, sont pris pour cibles tant par les Forces armées soudanaises (FAS) que par les Forces de soutien rapide (FSR). L’affaire d’Abubakr Mansour Abdela, avocat engagé dans la ville de Singa, chef-lieu de l’État de Sennar, illustre cette répression. Connu pour son assistance juridique aux victimes, il choisit de rester dans sa ville natale durant l’été 2024 pour distribuer gratuitement des médicaments, malgré la prise de la localité par les FSR.U. Prions pour lui et écrivons
pour le protéger.
Le 25 novembre 2024, au lendemain de la reconquête de la ville située au bord du Nil bleu dans le sud du pays par les FAS, Abubakr Mansour Abdela est arrêté à son domicile, brutalisé devant sa famille, puis détenu dans une installation militaire. Après dix jours passés dans la garnison de Singa, il est transféré à Sennar, où il subit des interrogatoires jusqu’à son procès, le 30 avril 2025. Bien que des preuves attestent de son innocence, il est condamné à vingt ans de prison et à une forte amende pour une prétendue collaboration avec les FSR.
Opposé à la guerre et ne soutenant aucun camp, il est néanmoins considéré comme une cible politique. Le 5 octobre 2025, à l’issue d’un procès en appel dépourvu des garanties les plus élémentaires, il est condamné à mort par pendaison. Le verdict a été rendu sans notification préalable de la défense, ni possibilité pour celle-ci d’assister à l’audience ou de présenter les preuves requises.
