Si la Saint-Valentin est devenue une fête très commerciale, elle est à l’origine la célébration de l’amour… L’équipe de l’aumônerie des collégiens a profité de cette date symbolique pour organiser un temps fort autour de l’affectivité. C’est Evelyne Delavergne, déléguée diocésaine à la pastorale des adolescents, qui a ouvert la rencontre en expliquant ce terme. « L’Affectivité, c’est comme si vous portiez un sac-à-dos rempli d’émotions, qui bouillonne à l’adolescence ». Devant cette effervescence, aider à établir des jalons qui guident la construction de soi et la relation aux autres semble primordial. Trois étapes ambitieuses pour cette matinée : s’aimer soi-même, aimer les autres et l’amour durable.
Pour s’aimer soi-même, il faut savoir que nous sommes constitués d’un Corps (qui ressent), d’un Cœur (symbole des émotions), d’un Cerveau (qui analyse et contrôle), d’une Conscience (une boussole qui nous inspire), et enfin d’une bulle d’intimité, qui protège les autres éléments (les 4C). Mais si un élément est abîmé, tout le reste souffre, et il faut alors chercher de l’aide. C’est aussi l’occasion de parler du consentement et du respect de soi. L’amour de soi s’enracine dans la connaissance de soi : qualités, compétences, valeurs, rêves… Ce n’est pas toujours facile pour ces jeunes de prendre de la hauteur sur leur vie, et de trouver les mots justes.
Deuxième étape, la relation aux autres, amicale et amoureuse. On découvre peu à peu que la relation amoureuse comporte les mêmes ingrédients de base que la relation amicale, avec quelques ajouts : attirance physique, exclusivité… Pour exprimer son attachement, il existe aussi différentes façons. Certains préfèrent la tendresse, d’autres se rendent disponible, acceptent de rendre un service, offrent un cadeau, ou expriment des paroles encourageantes et valorisantes.
Et l’amour physique ? Au jeu du « d’accord/pas d’accord », on mesure que les jeunes sont conscients que l’amour doit être libre, qu’il doit être vrai, que la beauté n’est pas que physique, qu’il n’y a pas pour eux d’injonction à manifester physiquement son attachement, que chacun avance à son rythme et qu’il doit être respecté. Cette étape est aussi celle où l’on alerte sur les pièges des représentations de l’amour, la pornographie, le chantage aux photos intimes, les prédateurs sexuels sur les sites de jeux en ligne ou les réseaux sociaux… une réalité amplifiée par l’usage généralisé des smartphones, sans réelle protection numérique.
Enfin, les ados ont apprécié la vidéo sur la différence entre être amoureux et aimer. Avec des termes et une énergie qui les touche, l’influenceur Sudehy parle de choix, de volonté d’engagement, d’acceptation de l’autre avec ses qualités et ses défauts.
A tous les âges, il est bon de repenser son rapport à soi, aux autres, à l’autre… sous le regard d’amour infini du Seigneur : « tu as du prix à mes yeux, et je t’aime » (Isaïe 43,4).