Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous, nous étions en grande fête.
(Lectio Divina, Lecture Priante)
Psaume 125/126
01. Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, nous étions comme en rêve !
02. Alors notre bouche était pleine de rires, nous poussions des cris de joie ;
alors on disait parmi les nations : ''Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur !''
03. Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête !
04. Ramène, Seigneur, nos captifs, comme les torrents au désert.
05. Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie.
06. il s'en va, il s'en va en pleurant, il jette la semence ;
il s'en vient, il s'en vient dans la joie, il rapporte les gerbes.
Le psaume 125/126 est un ''Cantique des Montées'', groupement de 15 psaumes chantés par les pèlerins en marche vers Jérusalem, vers le Temple, demeure de Dieu. Une vraie montée physique, difficile, tortueuse. Deux itinéraires, Jéricho ou la Samarie. Montées rudes qui symbolisent et expriment des démarches spirituelles. On y rappelle le difficile retour de l'Exil de Babylone (à partir de 538 avant JC) et l’immense joie qui l'accompagna.
Le psaume est comme un écho de la première lecture, Isaïe. Moi Dieu, je vais faire passer un chemin dans le désert, des fleuves dans les lieux arides, pour mon peuple.
01-03.Quand le Seigneur ramena les captifs... Dans les 3 premiers versets du psaume, la célébration du souvenir du retour d'Exil est devenue le symbole des situations humaines ou spirituelles désespérées dont Dieu seul peut sauver, vaincre, libérer. Les bénéficiaires eux-mêmes n'en reviennent pas, ils croient rêver et leur joie explose. Les ''nations'', les non-juifs, pour nous les étrangers au christianisme, sont surpris. Et moi, ne serait-il pas bon que je rende grâce au Seigneur pour ses actions, grandes ou petites, dans ma vie ou autour de moi ou dans l’Église ou dans le monde entier... Quelle merveille y fait le Seigneur... La Vierge Marie chante, Le Puissant fit pour moi des merveilles.
04. Ramène, Seigneur, nos captifs. Après la célébration de la mémoire des délivrances du passé, une supplication de salut à venir. Le retour d'Exil se poursuit. En moi, près de moi, dans le monde, etc... Que de ''captivités'' de ceci ou de cela ! Je réfléchis, je prie.
Comme les torrents au désert. La force de la pluie sur le sol sec et caillouteux du désert, les pluies abondantes qui surviennent parfois sur Jérusalem... Pluie de la grâce du Seigneur qui lave tout en moi et autour de moi, qui enrichit le sol de nos vies. La sécheresse parfois de nos prières, de nos actions... Et la mémoire de moments de grande fécondité. Les larmes deviennent semence. Un psaume d'espérance stimulant dans les moments de détresse et d'épreuve. Les semences d'amour, de partage, de sainteté, vécues parfois dans les pleurs, seront moissonnées en gerbes de joie avec Jésus-Christ. Souvent Jésus a évoqué le ''Royaume qui vient'' comme une moisson. La parabole de la semence qui tombe sur diverses qualités de terre ; la parabole du bon grain et de l'ivraie...
L’épître aux Hébreux médite l'arrivée à Jérusalem comme une signification de la fin des temps : Vous êtes venus vers la montagne de Sion et vers la ville du Dieu vivant, la Jérusalem céleste... Vous êtes venus vers Jésus, le médiateur d’une alliance nouvelle. (12, 18sq).
05-06. Il s'en va, il s'en va en pleurant, il jette la semence ; il s'en vient, il s'en vient dans la joie, il rapporte les gerbes. Ce dernier verset, chargé de poésie, un indicateur d'espérance sur le chemin vers Pâques. Seigneur, tu as fait merveille pour ton Christ quand tu l'as ramené de la mort. Renouvelle cette merveille pour ton Église en l'arrachant à toute captivité. Qu’après avoir été à la peine avec lui, elle connaisse avec lui la joie de la moisson. (Psautier Œcuménique)