Autour du 14 juillet, la fête foraine s'est installée devant le Hall Comminges comme chaque année.
En confiant au Seigneur les catéchumènes qui viennent de terminer leur parcours avec le sacrement de la confirmation il y a quelques semaines, m'est venue dans la prière l'idée d'appliquer concrètement la vie du chrétien au cœur du monde. Et quoi de mieux que de passer un moment ensemble à la fête foraine, qui n'ayons pas peur de le dire, n'a rien de chrétien !
J'ai donc donné rendez-vous aux jeunes mardi 14 juillet à 20:30 en proposant de leur offrir une gaufre et un soda chacun pour passer un moment ensemble.
Seules Laurenne et Clélie avec son petit frère ont répondu présent. "C'est super votre invitation, me lance Laurenne, ça nous permet de nous revoir, après ces 2 années denses en réunions. Ce sont des retrouvailles !" Effectivement, le terme "retrouvailles" est tout à fait adapté à notre situation, car souvent, après les sacrements de l'initiation, les relations baptisés-confirmés et paroissiens se distendent. Sujet à creuser...
Pas de mondanités ; après les salutations d'usage, nous nous installons sur un banc et discernons en échangeant à voix haute sur ce que nous voyons, entendons, écoutons, percevons de cette fête. Les deux confirmées sont prolixes et voient bien les choses : la fête foraine, c'est du bruit, de la musique forte, des sensations fortes, des odeurs de friture qui stimulent le désir de consommer, l'argent (le tour de manège est horriblement cher), tout pour nous sortir de la "cellule intérieure" que prône le Christ... Alors, que faire nous qui avons été séduits par un Roi pauvre et humble, sobre et intérieur, doux et respectueux ?
D'abord, ne pas juger... mais discerner et redire intérieurement la prière de St François d'Assise : Là où est la haine, que je mette l'amour.
Là où est l'offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l'union.
Là où est l'erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l'espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
Nous avons complété par un Ave Maria en déambulant dans la fête pour offrir ce moment au Seigneur, ensemble, en petite Église domestique du jour, en chrétiens, en amoureux du Seigneur de qui vient l'Amour et la Vie.
Nous nous sommes ensuite séparés, le cœur tout chaud comme les pèlerins d'Emmaüs après avoir reconnu le Christ à la fraction du pain.
Ludovic
