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Homélie – Allez au désert – 18 février 2024
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Homélie – Allez au désert – 18 février 2024

Le temps du carême : c’est 40 jours, Le lieu du carême : c’est de désert.

Il y a peut-être 3 formes de désert. Tout d’abord le désert géographique avec des dromadaires et des bédouins… pardon pour le cliché un peu « agence de voyage » ! Dans la réalité, le désert est un lieu inhospitalier et dangereux, mais aussi un lieu bouleversant et incitant à la méditation, à la contemplation. Un lieu qui provoque autant d’inquiétude que d’attirance, produisant un sentiment de petitesse mêlé d’une certaine plénitude. Le désert est un lieu paradoxal, un lieu à part… un lieu en lien avec le sacré ! Il ne peut pas nous laisser ni indifférent… ni indemne. Au désert il y a toujours, comme une urgence face aux questions essentielles.

Et puis, il y a le désert ou plutôt les déserts de la vie : les fragilités de toutes sortes, les changements de situation, le deuil… Ce sont tous ces déserts de la vie que nous ne choisissons pas et que nous devons traverser. Nous vivons alors ce temps sous l’épée de Damoclès, sous une menace plus ou moins avérée. La vie devient plus incertaine, elle devient une épreuve au quotidien, un combat contre un ennemi pas toujours facilement identifiable et pourtant bien réel… Mais paradoxalement : c’est quand la vie est menacée, qu’on en mesure la valeur ! L’urgence est alors de trouver un sens à sa souffrance… A vue humaine, il n’y a en a pas vraiment ! Pourtant Dieu choisira de vivre la souffrance humaine. La souffrance : c’est toujours un signe de la présence du mal dans notre vie. Dieu ne pouvait pas combattre le mal sans subir la souffrance. Dans l’évangile de dimanche dernier, Jésus guérissait un lépreux… Dieu ne se rend jamais complice du mal…. Alors quel sens donner à nos souffrances ? La réponse n’est pas générique, elle est toujours personnelle, existentielle… Dieu seul peut nous répondre ! Il a donné à son Église le sacrement de l’onction des malades comme réponse sacramentelle. La parole dite par le prêtre durant le sacrement demande d’abord le réconfort par l’action de l’Esprit-Saint. Par ce sacrement, le Dieu de tendresse se penche sur son enfant. Et comme pour le lépreux de dimanche dernier, la lèpre symbolisant le péché, le sacrement procure de manière surabondante ou primordiale le pardon des péchés. Ce sacrement, comme tous les sacrements sont pour la vie et finalement pour le salut des hommes. Puis le prêtre demande le relèvement du fidèle. Ce relèvement, même s’il n’est pas la guérison immédiate, donne au fidèle de vivre son désert en amitié avec le Christ. Ce relèvement donné ici : c’est celui de la foi.

Et puis il y a un troisième désert : le désert du carême, un temps que l’on peut choisir... ou fuir ! Choisir certaines privations qui conduiront inévitablement à des tentations… comme pour déloger le locataire indésirable qui a fait sa place en nous et qui se manifeste alors plus instamment. Celui qui cherche à mettre en doute notre identité profonde : celle d’enfant de Dieu.

Dans leurs évangiles St Mt et St Luc décrivent les tentations subies par Jésus. Trois tentations sur les trois niveaux de vie que nous avons : La vie sensible, la vie psychologique et la vie spirituelle. A chaque fois, Satan cherche à mettre à l’épreuve le Christ sur son identité… : si tu es Fils de Dieu etc. L’identité de Jésus qui venait juste d’être proclamée à son baptême ; « C’est toi mon Fils bien-aimé en qui J’ai a mis tout son amour » selon la voix venue du ciel. Cette année, dans l’évangile selon St Marc, les tentations sont à peine mentionnées… pour signifier qu’elles ne peuvent atteindre en aucune manière Jésus, Christ, Fils de Dieu comme le nomme le tout début de l’évangile. St Marc va à l’essentiel : Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient. Le Christ règne au milieu de sa création et rien ne peut détruire son Règne. La victoire sur le mal, le salut, sont assurés de toute éternité. Toute la bonne nouvelle se résume à cela… Alors Jésus part en Galilée proclamer l’Évangile de Dieu : Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. Par la foi au Christ, nous devenons participant de son royaume. Pour cela, Il faut se convertir et rejoindre le Christ au désert. Le désert du carême devient alors l’antichambre du salut que nous célébrerons à Pâques.

Le temps de carême est donc un temps béni. Profitons-en ! Le temps du carême, c’est l’offrande dont Dieu a besoin pour nous transformer. Le temps, c’est d’ailleurs la seule chose que nous pouvons vraiment lui donner : prière, lecture de la parole de Dieu, temps donné aux autres, ce sont tous des déserts accessibles. Alors chers frères et sœurs dans le Christ, que le Seigneur nous inspire en ce début de carême toutes sortes de déserts pour parvenir dans la paix et ainsi purifiés jusqu’à la Fête de Pâques.

Amen

P. Pascal Desbois

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