Il faut reconnaître avec gratitude que chaque pèlerinage apporte son lot de surprises et de grâces inattendues. Pour ma part, il s'agissait de ma deuxième année de pèlerinage avec les Hospitaliers de Toulouse, soit quatre pèlerinages au total, puisqu'un rassemblement est proposé au printemps pour les aînés et un autre au mois d'août. La première année avait pour thème « L'année du Jubilé » et la seconde : « Je te salue, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi ». Au cours de ce pèlerinage d'août, plusieurs découvertes m'ont particulièrement marqué. Le 27 août, j'ai découvert la chapelle souterraine Saint-Joseph, petite et accueillante. Le lendemain, la présence d'évêques étrangers, notamment celui du Sénégal, lors de la messe en plein air célébrée devant la Grotte, a constitué un véritable moment d'émerveillement. Enfin, j'ai beaucoup apprécié la « Méditation contemplative pour tous » du 29 août, proposée dans la chapelle du transit de l'Accueil Notre-Dame.
Bien entendu, la chaleur humaine et fraternelle était au rendez-vous. J'ai retrouvé d'anciennes connaissances, hospitaliers comme pèlerins, auxquelles se sont ajoutées de nouvelles rencontres. Parmi les hospitaliers, certaines personnes sont devenues très proches de moi, tant par leurs origines que par leur parcours de vie. J'ai également été touché par la présence de nombreux jeunes, parfois très jeunes, voire d'enfants. Ils ont été magnifiques lors de la messe d'envoi du 30 août, célébrée par Monseigneur de Kérimel.
Ma satisfaction après ce pèlerinage revêt pour moi une dimension toute particulière. En effet, quelque temps après mon retour du
pèlerinage d'avril, au cours d'un repas de midi, j'ai eu, durant un très court instant, la vision ou l'impression que la Vierge Marie me
tendait la main. J'en ai été profondément bouleversé. Lors de la célébration diocésaine de la Décollation de saint Jean-Baptiste du
28 août, présidée par Monseigneur Jean-Pierre Batut, j'ai eu la forte impression d'avoir compris le sens de ce geste : être présent et
participer à ce pèlerinage.
Un autre fait s'est produit. Avant le départ, à mon domicile, je souffrais de fortes démangeaisons lors de ma toilette matinale.
Pourtant, durant tout le pèlerinage, elles ont totalement disparu. J'en ai parlé à une des médecins du pèlerinage, qui m'a tracté pour la séance photo du 29 août. Elle m'a répondu : « C'est certainement une forme de guérison de la Vierge Marie, puisque nous sommes ici. » Au moment du départ, elle m'a également recommandé d'éviter tout geste d'énervement et de poursuivre le traitement en cours. Je l'en ai remerciée.
C'est peut-être là un signe de reconnaissance de mon action terrestre auprès de ma tendre et chère épouse, Yvette, décédée en octobre 2024 et profondément vouée à notre Sainte Mère, notamment ici à Lourdes.
À présent, retournons quelque peu dans le passé. Dans mon témoignage du mois d'avril, j'avais omis un élément important. Au moment de sa rédaction, j'étais obnubilé par la dimension « civile » de ma vie et j'avais laissé de côté son aspect « religieux ». À l'âge de douze ans, j'ai été enfant de chœur dans une station balnéaire de la côte charentaise, lieu familial très important, qui permit autrefois la rencontre puis le mariage de mes grands-parents maternels, d'où la naissance, dans la grande ville voisine, de ma mère.
Au retour de ce pèlerinage, un autre fait m'a interpellé : le décès de l'actrice Nathalie Baye, survenu à la mi-avril, mais surtout le lieu de la messe célébrée en sa mémoire, la paroisse Saint-Sulpice de Paris. Ce lieu est particulièrement important pour moi. Toujours à l'âge de douze ans, j'étais élève du collège religieux du même nom, situé à proximité et affectueusement appelé « St Sulpo ». C'est dans cette paroisse que j'ai fait ma communion solennelle et que j'ai reçu le sacrement de confirmation des mains de Monseigneur l'Évêque. À sa vue, j'ai éprouvé un grand choc : il s'agissait de mon ancien curé, Nam-Dinh au Tonkin. Deux ou trois ans avant, c'est lui qui m'avait ouvert non seulement à la vie religieuse, mais égalementà la vie culturelle.Ce pèlerinage du mois d'août constitue ainsi un renforcement de mes croyances et de mes convictions, mais aussi de mon attachement à la fraternité. Il demeure pour moi un grand moment d'espérance, pour lequel je rends grâce, dans la prière et la dévotion.
François BESSE
