Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous, nous étions en grande fête.
(Lectio Divina, Lecture Priante)
Psaume 125/126
01. Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, nous étions comme en rêve !
02. Alors notre bouche était pleine de rires, nous poussions des cris de joie ;
alors on disait parmi les nations : ''Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur !''
03. Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête !
04. Ramène, Seigneur, nos captifs, comme les torrents au désert.
05. Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie.
06. il s'en va, il s'en va en pleurant, il jette la semence ;
il s'en vient, il s'en vient dans la joie, il rapporte les gerbes.
Le psaume 125 est un ''Cantique des Montées''. Dans la bible un groupement de 15 psaumes chantés par les pèlerins en marche vers Jérusalem. Une rude montée symbolisant la marche spirituelle vers Dieu. Dans ce psaume on commémore le retour de l'Exil à Babylone et l’immense joie qui l'accompagna. Dans le psaume, les mots en rêve, rires, cris de joie, merveilles, fête. Le pèlerin éprouve une sorte d'extase. Un extrait du livre de Baruc précède le psaume dans la liturgie de ce 2ème dimanche de l'Avent C. : Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère, début du texte. Fin du texte : Dieu conduira Israël dans la joie, à la lumière de sa gloire, avec sa miséricorde et sa justice. Ma montée d'Avent...
Dans les 3 premiers versets du psaume les verbes sont au passé. La célébration du souvenir du retour d'Exil est devenue symbole des situations humaines ou spirituelles désespérées dont Dieu seul peut libérer. Les bénéficiaires eux-mêmes n'en reviennent pas, ils croient rêver et leur joie explose. Les ''nations'', les non-juifs, et pour nous, les étrangers au christianisme, sont surpris. Et moi, ne serait-il pas bon que je rende grâce au Seigneur pour des actions, grandes ou petites, dans ma vie ou autour de moi ou dans l’Église ou dans le monde entier...Quelle merveille y fait le Seigneur ! La Vierge Marie chante : Le Puissant fit pour moi des merveilles.(Luc 1,49)
Au v.4 du psaume un changement de rythme dans la prière. Après la célébration du souvenir des délivrances du passé, une supplication de salut à venir : Ramène, Seigneur, nos captifs... En moi, près de moi, dans le monde, etc... Que de ''captivités'' de ceci ou de cela ! Je réfléchis, je prie.
Comme torrent au désert. La force de la pluie sur le sol sec et caillouteux du désert du Négeb, les pluies abondantes qui surviennent parfois sur Jérusalem... Pluie de la grâce du Seigneur qui lave tout en moi et autour de moi, qui enrichit le sol de nos vies. La sécheresse parfois de nos prières, de nos actions... Et la mémoire de moments de grande fécondité. Les larmes deviennent semence. Un psaume d'espérance stimulant dans les moments de détresse et d'épreuve. Un psaume dans la marche du temps de l'Avent, vers cette banlieue de Jérusalem, Bethléem. En route vers une nouvelle entreprise libératoire de Dieu dans sa naissance en notre monde en la personne de Jésus. Par la grâce immaculée accordée à Marie. Marie dont nous célébrons demain son Immaculée Conception. Les semences d'amour, de partage, de sainteté, vécues parfois dans les larmes, seront moissonnées en gerbes de joie avec Jésus-Christ. Jésus a évoqué le Royaume qui vient comme une moisson.
Il s'en va, il s'en va en pleurant, il jette la semence,
il s'en vient, il s'en vient dans la joie, il rapporte les gerbes.