Le pèlerinage de printemps 2026 à Lourdes, vécu avec les aînés du diocèse et les hospitaliers diocésains de Toulouse, a revêtu pour moi une saveur toute particulière, bien différente de celle de l’année précédente.
En effet, le pèlerinage du printemps 2025 correspondait à mon tout premier pèlerinage à Lourdes en tant que pèlerin, peu de temps après le décès de ma tendre et chère épouse Yvette. J’avais alors ressenti le besoin profond de partir, de me recueillir, de chercher un apaisement. Pourtant, malgré cette démarche sincère, je n’y avais trouvé ni consolation ni joie intérieure. Ce fut pour moi une forme d’échec, sans doute lié à l’état de chagrin et de grande fragilité dans lequel je me trouvais alors.
Cet état ne reflète cependant pas le chemin de ma vie. Très jeune déjà, vers l’âge de 9 ou 10 ans, en pleine Seconde Guerre mondiale, j’ai connu des contextes difficiles. Mon père, fonctionnaire, fut affecté au Tonkin, notamment à Nam-Định. Là-bas, le curé de la paroisse avait pris l’initiative de créer un groupe théâtral pour les enfants, afin de nous occuper et de nous ouvrir aux autres. J’en fis partie, et cette expérience fut déterminante.
Plus tard, durant ma période dans la Marine, entre 20 et 25 ans, je suis devenu projectionniste. Lors des tournées et à quai, j’étais de ceux qui animaient la vie du bord en projetant des films. Cette dimension de partage et d’animation m’a toujours accompagné. Après la naissance de notre quatrième enfant et notre installation dans un nouveau logement, une amicale de colocataires s’est créée dans le lotissement. J’en devins naturellement responsable de la section ciné-club, activité qui est devenue comme une seconde vie après celle du travail. Cet engagement se poursuit encore aujourd’hui à travers le football régional et local à Colomiers.
Mon épouse Yvette m’a toujours soutenu, encouragé, et souvent accompagné dans toutes ces activités, jusqu’à ses derniers instants. Après son décès, c’est tout naturellement que j’ai rejoint la paroisse, trouvant là un nouvel ancrage fraternel.
Le pèlerinage de cette année 2026 a été, pour moi, profondément différent et bénéfique. J’y ai revu plusieurs hospitaliers rencontrés l’an dernier, et cette familiarité a transformé l’atmosphère : la convivialité, la chaleur humaine et la fraternité étaient bien plus présentes, tant entre hospitaliers qu’avec les pèlerins, nouveaux ou déjà connus.
La grande messe solennelle du dimanche fut célébrée dans un lieu différent de l’an précédent : la basilique souterraine Saint‑Pie X. Découverte lors de mon pèlerinage d’août 2025, j’y ai retrouvé avec un immense émerveillement ce cadre impressionnant et recueilli, qui a renforcé mon expérience spirituelle.
Autre grande surprise et source de joie : la présence nombreuse de jeunes hospitaliers, et même de très jeunes. Leur entrain, leur disponibilité et leur promptitude à servir ont apporté une animation remarquable. Ils représentent une véritable chance pour l’avenir : pour eux-mêmes, pour la société, et bien sûr pour les futurs pèlerinages. Ils méritent tous un très grand et sincère remerciement, que j’ai d’ailleurs exprimé à certains d’entre eux.
Pour ma part, ce pèlerinage a été source de bienfaits réels. J’ai ressenti une profonde chaleur de bien‑être, notamment lors de la messe du samedi après-midi, moment de paix intérieure et de communion.
Cependant, au cœur de cette béatitude, une note de tristesse s’est imposée à la lecture d’un document remis pendant le séjour, annonçant le décès de la sœur de Monsieur l’abbé Simoné. Son absence s’expliquait par le fait qu’il accompagnait sa sœur dans leur archipel natal de Wallis‑et‑Futuna.
L’abbé Simoné avait été, lors de mon pèlerinage d’août dernier, l’hospitalier qui s’était occupé de moi. Une amitié profonde s’est nouée entre nous, en raison notamment de nos attaches communes. Par cet article, je tiens à lui adresser, ainsi qu’à toute sa famille, mes plus sincères condoléances et l’assurance de mon amitié et de mes prières.
Ce pèlerinage 2026 restera pour moi un temps de renaissance, de fraternité et d’espérance, pour lequel je rends grâce.
François Besse
